Recherche et développement

La légèreté
a son prix.

Quand un objet est léger, on pense qu’il coûte peu. Pour un biberon qui se plie et se déplie, c’est l’inverse : la légèreté est ce qu’il y a eu de plus difficile à obtenir.

Le choix du polypropylène

Il a été retenu pour quatre raisons : sa souplesse, sa capacité à plier naturellement, son aptitude au contact alimentaire, et l’absence de tout bisphénol — le polypropylène n’en contient pas. Il se plie sans qu’on ait à lui ajouter le moindre assouplissant.

Mais ce choix avait une contrepartie industrielle considérable. Pour plier, la paroi devait impérativement respecter un certain grammage. Au-delà comme en deçà, deux impasses.

Les deux impasses

L’effet yoyo. Si la paroi ne bloque pas à chaque soufflet, le biberon se referme sous la pression — y compris pendant que bébé boit. Inacceptable pour un contenant de liquide destiné à un nourrisson.

La perte de mémoire. Le polypropylène n’a pas de mémoire de forme : une fois replié, il reste tassé. C’est ce que tous les industriels de la transformation du PP nous ont dit. Un matériau qui ne revient pas à sa taille nominale ne peut pas servir de contenant doseur — or un biberon doit retrouver exactement sa taille à chaque dépliage, sans quoi la graduation ment. On croit verser 30 ml, il n’y en a que cinq.

Ce qu’il a fallu trouver

Une architecture de soufflets qui réponde aux deux contraintes à la fois : bloquer à chaque cran, et retrouver sa forme à chaque fois. Des travaux de recherche coûteux, des prototypes répétés — plus de douze avant d’atteindre la bonne configuration : l’épaisseur, la pente des soufflets, un rayon de 0,2 millimètre.

Deux ans d’essais, entre 1996 et 1998, pour un casse-tête que la profession jugeait insoluble — et ce n’était que la première étape.

Trois générations

1996-1998 — l’usage unique. BIBEON n’avait à se déplier qu’une fois. Sa tétine était bi-injectée directement sur la bague, dans un élastomère thermoplastique parmi les moins chers du marché. Rien à monter, rien à sertir, aucun approvisionnement séparé : le conditionnement coûtait peu.

2002-2005 — l’usage durable. Un biberon qu’on réutilise doit supporter des centaines de manipulations sans que ses soufflets se fatiguent ni que sa graduation dérive. Ce fut une seconde campagne de recherche, aussi longue que la première. Chaque transformation du produit a demandé un à deux ans de travaux.

2023 — l’organique. La bague et le capuchon passent à une matière d’origine végétale, sans OGM ni gluten, compostable. Et la tétine devient une pièce à part entière, en silicone alimentaire : un autre procédé de fabrication, sensiblement plus coûteux que la bi-injection, et une pièce qu’il faut ensuite approvisionner, monter et sertir sur chaque bague.

Le BIBEON d’aujourd’hui n’est donc pas celui de 1998 devenu plus cher. C’est le troisième, et il ne coûte pas la même chose à produire.

Ce que cette épaisseur a rapporté

Une migration quasi nulle. Le laboratoire n’a rien détecté : la mesure s’arrête au seuil de quantification de la méthode, 6 milligrammes par kilogramme d’aliment — quand la réglementation en autorise 60 pour les matériaux au contact des denrées. Moins de matière au contact du lait, et pas d’assouplissant à relarguer.

Des soufflets auto-bloquants. Chaque cran tient la position où on le laisse. Le biberon ne se referme pas tout seul.

Un dosage fiable à chaque pliage. La graduation reste juste, dépliage après dépliage.

Et le poids. Vingt-trois grammes à vide — moins à transporter, ce qui était précisément le premier point du cahier des charges.

Le cahier des charges

Quatre exigences, tenues ensemble : sécurité des matériaux, sécurité des manipulations, sécurité de migration, légèreté. Aucune n’a été sacrifiée aux autres, et c’est ce qui a pris des années.

Ce qui peut le casser

Un objet conçu au gramme près a ses limites, et nous préférons les dire.

S’il sert de jouet. Des parents nous ont écrit qu’ils le voudraient plus solide, parce que leur enfant le lance. BIBEON est un biberon, pas un hochet : la paroi qui lui permet de se plier ne résiste pas à des chutes répétées sur un sol dur.

S’il est plié ou déplié bague vissée. C’est la cause la plus fréquente. Quand l’ouverture n’est pas laissée libre, l’air enfermé à l’intérieur se comprime et exerce sur les soufflets une pression qu’ils n’ont pas à subir. Ils se fatiguent, puis cèdent. Dévissez toujours la bague avant de changer la taille du biberon.

S’il est déplié froid. À la neige, en montagne, ou au sortir d’une congélation de lait maternel, le polypropylène perd sa souplesse. À cette température il ne plie plus, il casse. Laissez toujours le biberon revenir à une température tempérée avant de le déplier.

Ce que vous payez

Un flacon en polypropylène, une bague et un capuchon en matière végétale sans OGM ni gluten, une tétine en silicone alimentaire — et non médical, qui relève d’un tout autre référentiel. Et des essais de pliage et de dépliage menés sur chaque série avant sa mise sur le marché.

C’est le prix de l’excellence, pas celui de la matière. Ce n’est pas parce qu’un biberon contient plus de plastique qu’il a plus de qualités.

Vingt-trois grammes.
Trois générations de recherche.